Points clés de la situation du GCAP au Tchad (avril 2026) :
Tchad: huit membres du GCAP sous mandat de dépôt, indignation au sein de cette plateforme d’opposition
Au Tchad, les huit opposants du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP) ont tous été placés sous mandat de dépôt le 28 avril, quatre jours après leur arrestation le 25 avril. Ils ont été auditionnés par le procureur de la République. Les chefs d’accusation sont nombreux : attroupement armé, mouvement insurrectionnel, rébellion et détention d’armes de guerre. Le GCAP prévoyait d’organiser « une marche de protestation et d’indignation pacifique » le 2 mai prochain. Pour leurs conseils et soutien, cette procédure est purement politique et signe la fin de la démocratie au Tchad.
Neuf dirigeants de partis politiques membres du GCAP, une coalition d’opposition, ont été arrêtés à quelques jours d’une marche pacifique qu’ils prévoyaient d’organiser.
Arrêter des leaders de formations politiques légalement constituées qui agissent dans le cadre de la légalité républicaine, c’est un message fort en termes de recul démocratique adressé à tous les Tchadiens. Je pense que le gouvernement montre ses faiblesses. Parce que lorsqu’on est légitime, lorsqu’on est issu des urnes, on ne craint pas l’expression populaire", estime Mahamat Zen Chérif.
"D’abord, les manifestations et l’exercice des libertés fondamentales contribuent à l’animation de la vie politique démocratique. Mais lorsqu’on interdit systématiquement toute manifestation, je pense que c’est ouvrir la voie à des revendications dans l’illégalité, et je pense que c’est dangereux pour la stabilité politique de notre pays."
Le Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP) est l’une des plus importantes coalitions d’opposition politique au Tchad, réunissant une dizaine de partis. Connu pour ses critiques virulentes contre la transition, le GCAP a marqué l’actualité en annonçant son retrait de la scène politique tchadienne le 31 octobre 2025, fermant ses sièges pour dénoncer une dérive autoritaire et un climat de répression.
Pour le porte-parole du collectif d‘avocats qui les défend, Maître Athanase Mbaigangnon, les intentions des autorités sont claires : « Ces poursuites impliquent naturellement des condamnations pour lesquelles les esprits sont déjà préparés. Mais de par le statut et la qualité des personnes concernées, tout porte à croire que nous avons affaire à un procès politique. Tout est parti d'un projet de marche pacifique qui avait été programmé mais interdit Donc, la connotation politique du procès relève de l'évidence. »
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« Il n'y a plus de démocratie »
Le porte-parole du parti Les Patriotes, membre du GCAP, ne cache pas sa déception et son pessimisme quant à l’avenir de la démocratie au Tchad. « Définitivement, il n'y a plus de démocratie, lance Hissène Abdoulaye. Nous sollicitons de la part de ces autorités, d'introduire – notamment dans la loi fondamentale – que le Tchad n'est plus un pays démocratique, que c'est un pays qui est régi par un parti unique et que les partis politiques n'ont plus de sens dans ce pays ».
La date du procès n’est pas encore connue et les avocats attendent de pouvoir avoir accès au dossier de leurs clients.
Déjà une emission du réveil tchadien qui regroupe des activistes politiques tchadiens de la diaspora notamment du Canada, France, Etats et d’autres compatriotes à l’international le 1er Mai 2026 pour en détailler et plaider à leur égard